Georges Cuvier

Considéré comme un des plus grands savants de son temps, Georges Cuvier, le père de la paléontologie, est né à Montbéliard où il faillit devenir pasteur. Mais cet enfant génial laissa libre court à sa passion pour les espèces animales.

Un choix bien heureux, car ses petits cahiers d'écolier donneront naissance à la classification moderne des animaux.

Aujourd'hui, le Muséum Cuvier au Château retrace le travail de Georges Cuvier.

Né à Montbéliard le 23 août 1769, Georges Cuvier se fait remarquer par son intelligence exceptionnelle dès sa plus jeune enfance. Deuxième enfant d'une vieille famille bourgeoise et protestante de Montbéliard, il entre à l'école primaire dès l'âge de quatre ans.

Ses parents et surtout sa mère Anne-Clémence ont décidé que le petit Georges serait pasteur comme ses ancêtres et ses proches parents.

En vacances chez l'un de ses oncles à Roche-les-Blamont, il découvre les planches de "L'histoire naturelle" de Buffon. Il se passionne alors pour les dessins d'animaux et créé avec ses camarades de collège, un petit groupe d'étude et de discussion. Il est alors l'un des plus brillants élèves du collège.
A 14 ans, classé 3ème à la sortie de ses études, il ne peut obtenir la bourse accordée aux deux premiers. Son espoir de suivre des études supérieures de théologie à Tubingen s'envole. Cuvier ne sera pas pasteur.

Cuvier redouble alors sa dernière classe. Ses dispositions sont remarquées par le duc Charles-Eugène de Wurtemberg qui décide de le prendre sous sa protection et l'envoie dans son académie de Stuttgart. Georges Cuvier qui n'a alors que 15 ans, va étudier la botanique, la chimie, la zoologie et apprend à disséquer. Il se met à classer les plantes et les insectes qu'il ramasse au cours de ses promenades et réunit toutes ses observations dans des cahiers nommés "Diarium Zoologicum".

Ses études terminées, Georges Cuvier devient précepteur de la famille Héricy en Normandie. Parallèlement au préceptorat, il poursuit son travail de recherche et dissèque oiseaux, papillons et araignées.
Au Club Patriotique de Fécamp, il rencontre l'abbé Tessier qui le met en relation avec les savants parisiens de l'époque.

En 1795, Cuvier devient professeur à l'école centrale du Panthéon. Il devient le plus grand scientifique de son temps. En 1802, il est au sommet de sa carrière. Il est professeur titulaire des deux plus grandes écoles de France : le Collège de France et le Muséum. Il est membre de 120 académies ou sociétés savantes françaises et étrangères. Il multiplie les publications.

Le 13 mai 1832, Georges Cuvier meurt des suites du choléra.

L’apport scientifique de Cuvier


On doit à Georges Cuvier d'avoir établi une classification moderne des animaux. Mais il est surtout à l'origine de l'anatomie comparée. Selon Cuvier, les organes des animaux ne sont pas seulement juxtaposés. Ils dépendent les uns des autres. Il en découle que si l'on possède une pièce essentielle de l'animal, les dents en particulier, on peut reconstituer le reste du corps.

En 1812, il énonce la loi de corrélation des formes : si les intestins d'un animal sont organisés pour ne digérer que de la chair récente, il faut que ses mâchoires soient construites pour dévorer une proie, ses griffes pour la saisir et la déchirer, ses dents pour la couper et la diviser, ses pattes pour la poursuivre et l'atteindre, ses sens pour l'apercevoir de loin.

De la forme d'une seule de ses parties, de la forme des dents, par exemple, on pourra déduire la forme du condyle (extrémité articulaire d'un os) celle des membres, celle des organes digestifs.
Ainsi, une seule partie, même infime, d'un être peut le révéler totalement.


Georges Cuvier définit un principe d'étude des fossiles. Son intérêt se porte en particulier sur les mammifères. Grâce au principe de corrélation des formes, il peut déterminer l'animal à partir d'un fragment d'os. Cuvier détermine les étapes de la transformation du monde animal. Les ossements fossiles sont utilisés pour reconstituer les espèces et les peuplements. Cuvier distingue quatre époques :

- la première regroupe poissons, reptiles monstrueux et quelques rares petits mammifères ;
- la seconde comprend la faune des gypses de Montmartre (mammifères bizarres) ;
- la troisième comprend les mastodontes, mammouths, hippopotames et rhinocéros (grands mammifères) ;
- la quatrième : c'est l'âge de l'homme et des animaux domestiques.
Cuvier tente de reconstituer les espèces animales ayant disparu. Seule erreur de Cuvier, il refuse de croire à l'évolution des espèces car il ne trouve pas la preuve de l'existence de formes intermédiaires.

La sarigue du Gypse de Montmartre est l'exemple le plus célèbre du principe des corrélations. En 1805, Cuvier découvre l'empreinte d'un quadrupède dans le Gypse de Montmartre. En dégageant la tête, il trouve les mandibules et la denture dont la forme le conduit à rapprocher les restes fossiles des sarigues (petits mammifères marsupial d'Amérique du Sud). Il en déduit l'existence d'os marsupiaux (os plats et longs qui soutiennent la poche marsupiale). Il découvre le reste du squelette fossilisé de la sarigue.


Le Muséum Cuvier situé au Musée du Château évoque la mémoire du père de la paléontologie.

Le Muséum Cuvier comporte :

- une galerie publique : plusieurs centaines de pièces naturalisées : mammifères, oiseaux et plusieurs centaines de fossiles exposés dans un ensemble de salles présentent la "diversité du vivant" ainsi que "l'histoire de la Terre et l'histoire de la vie" au cours des périodes géologiques.
- un centre de recherche et de documentation en paléontologie. Ce centre propose des activités à destination de l'enseignement (avec notamment l'atelier de paléontologie du lycée Cuvier) ; des animations avec les scolaires ; des formations d'enseignants. Il propose également des activités à destination des chercheurs universitaires comme les symposiums internationaux de 1982 et 1992 ou le colloque international de 1999.
- un centre de sauvegarde et d'études sur la diversité du vivant. Chaque année, un couple de restaurateurs remet en état une partie des mammifères et oiseaux naturalisés des réserves du Château. Ce centre a aussi pour mission d'accueillir des chercheurs universitaires, des enseignants et des scolaires.
Cuvier est également présent dans la vie quotidienne des habitants : statue place Saint-Martin, dénomination de la rue Cuvier, plaque sur sa maison natale.

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